Dernière mise à jour article : 19 juillet 2020 à 00:50. Temps de lecture : 7 min. Un documentaire signé Philippe Rouyer et intitulé « Retour à Mulholland Drive » avait même vu le jour en 2003 afin de décortiquer scène après scène le chef-d’oeuvre de David Lynch. Kaz Oshiro, Dumpter (black with residue), 2014 et Jonathas de Andrade, Zumbi encarnado, 2014.Retour sur Mulholland Drive – La Panacée Montpellier. Retour sur Mulholland Drive – La Panacée Montpellier, David Lynch, Mulholland Drive – L’arrière cour du Winkie’s, Rodrigo Garcia Who-What ?, 2017 Textes extraits du Mânava dharma çâstra – Lois de Manu, traduction de A. Loiseleur-Deslongchamps Performance: Núria Lloansi Lumières: Martine André Costumes et maquillage: Marie Delphin Création sonore et vidéo: Daniel Romero et Serge Monségu Coproduction La Panacée / hTh – CDN Montpellier, Hicham Berrada, Field, 2017. Tout est parfait. Mais, comme encore plus de monde, vous n'êtes pas sûr d'avoir tout compris. Camilla Rhodes ne veut plus d’elle, et Diane est à la fois jalouse de son succès et de son nouveau compagnon, le réalisateur pour lequel Camilla travaille (incarné par Justin Theroux, c’est en partie pour ça qu’il est tant ridiculisé dans la première partie du film, le « rêve » de Diane). Certaines pièces, qui apparaissent comme des citations du film, sont réduites à de simples éléments de décor alors que le propos de l’artiste est évidemment plus profond et souvent sans rapport avec les problématiques de Lynch. Jusqu’au 23 avril 2017, La Panacée présente « Retour sur Mulholland Drive, Le Minimalisme fantastique », proposition majeure du premier cycle d’expositions sous la direction de Nicolas Bourriaud. Peut-être faut-il voir dans le « Donald » de Joyce Pensato une autre représentation de ce personnage terrifiant et mystérieux ? Dans la journée, on est aussi sur le toit du monde, mais c'est mystérieux, et … Enfin, le texte de salle rassemble sous la forme d’un interview de Nicolas Bourriaud les principaux enjeux que le commissaire et directeur de La Panacée s’est fixés pour cette exposition… mais sans en donner réellement les clés au visiteur. Il aurait certainement été plus convenable de la nommer « Un essai sur le minimalisme fantastique »… Il y a un peu « tromperie sur la marchandise » avec cette équivoque « Retour sur Mulholland Drive ». – L’histoire de la mafia : à travers le film, le réalisateur joué par Justin Theroux se voit menacé et obligé de choisir une actrice spécifique pour son film, sans raison particulière. Depuis, Mulholland Drive reste pour beaucoup un grand classique du cinéma des années 2000, peut-être le meilleur long-métrage de cette décennie-là (en tout cas, selon Les Cahiers du cinéma), et il est souvent cité parmi les meilleures œuvres lynchéennes, au côté de Blue Velvet. Elle se convainc que l’homme qui dort chez elle est amoureux d’elle, et, à la fin, qu’elle est toujours une grande star hollywoodienne. C’est la goutte de trop : Diane tombe dans une dépression folle, engage un tueur à gages, et lui demande d’assassiner son ancienne amante. Deux hommes discutent d’un cauchemar, et ce dernier se réalise quelques minutes plus tard. Retour sur Mulholland Drive à La Panacée Montpellier Jusqu’au 23 avril 2017, La Panacée présente « Retour sur Mulholland Drive, Le Minimalisme fantastique », proposition majeure du premier cycle d’expositions sous la direction de Nicolas Bourriaud. Quelques mots pour finir sur la mise en espace et l’accompagnement du visiteur. Quinze ans après, je crois avoir enfin compris «Mulholland Drive» Temps de lecture : 10 min. Dans le premier chapitre des bonus (« Retour à Mulholland Drive ») Philippe Rouyer alterne ses propres réflexions à celle d’un réalisateur qui évoque l’amnésie de son héroïne, Rita comme une composante essentielle de la condition d’un grand acteur « qui doit s’oublier au profit de son personnage ». Retour sur Mulholland Drive – La Panacée Montpellier, Maria Loboda, Formal Garden In The Early Morning Hours », 2013 Courtesy de Maisterravalbuena et l’artiste, Bientôt : Sophie Bueno-Boutellier – Touche-moi à la Friche la Belle de Mai, Marseille, How to Disappear… Œuvres de la Collection Lambert, Bientôt : Gilles Barbier – Machines de production au Musée Soulages – Rodez, Jean-Marc Andrieu – S.T.V.B.E, E.V à la Galerie AL/MA – Montpellier, Bientôt : Souffle aux Pénitents Noirs à Aubagne, Bientôt : Lux fugit sicut umbra – Post_Production 2020 au Frac Occitanie Montpellier, Bientôt : (Re-)sentir tous les jours / Techniques de résistance – Mécènes du Sud Montpellier – Sète. – Sunset Boulevard : les références au film mythique de 1950 sont elles aussi dissimulées tout au long de Mulholland Drive (le restaurant se trouve sur cette rue, la voiture de Norma Desmond apparaît à un moment)... C’est un avertissement : Desmond est elle aussi dans un véritable rêve (éveillé, pour sa part) qu’elle s’est créé elle-même. Dans ce monde rêvé, elle est Betty Elms, une jeune actrice qui débarque à Hollywood, et à qui l’on promet un avenir glorieux. Le rêve dure jusqu’à la sublime scène dans le Silencio, où l’on répète incessamment à l’héroïne de ne pas se fier aux apparences. – Lorsque le duo s’infiltre chez Diane Selwyn, les deux tombent sur un cadavre. Elle le revoit deux fois, puisque c’est cet étrange personnage qui lui demande de se réveiller. L’équipe de La Panacée nous a aimablement fait parvenir un texte intitulé « Se perdre sur l’autoroute », qui devrait faire partie du catalogue à paraître. Vous n’avez rien compris ? 2020 à 18:00. Mulholland Drive se situe à la crête de la post-modernité (dans sa façon d’aborder la narration et les personnages) et dans la ... considérer Mulholland Drivecomme un retour sur votre terrain favori et fami-lier ? L’utilisation du « Dumpster (Black with residue) » de Kaz Oshiro en est un exemple évident. – La clé bleue : dans la réalité, la clé bleue sert simplement au tueur à gages pour annoncer à ses clients que la cible est morte. La forme cachée sur la couverture du « Somnabulist (blue), 1983 » de Wendy Jacob est-elle une allusion aux draps rouges et aux corps en position fœtal de Diane, Camilla, Rita ou du cadavre en décomposition ? La mèche dans le gant rouge (« Desire, 2016 ») est une allusion assez claire à la scène ou Betty coupe les cheveux à Rita et à la perruque blonde qu’elle porte alors…. Sur le site internet de La Panacée, la présentation de ce projet se termine ainsi : « Retour sur Mulholland Drive tente de transposer dans une exposition d’art contemporain l’atmosphère d’une œuvre cinématographique, et de proposer à ses visiteurs une expérience proche de celle qu’ils auront pu éprouver en voyant le film de David Lynch ». Retour sur Mulholland Drive – La Panacée Montpellier, Jennifer Tee, Crystalline Floor / Oval Yellow & Oval Blue. FBwhatsapp. À sa sortie, le critique du New York Times dit du film qu’il est une « libération enivrante des sens, avec des instants d'autant plus puissants qu'ils semblent émerger de la nuit obscure du monde de l'inconscient ». Les aquariums de Hicham Berrada (« Field, 2017 ») évoquent-ils les ambiances bleutées du théâtre Silencio ?… Comme le décor imaginé par Rodrigo Garcia ? On reverra avec plaisir : Mulholland Drive. Le coup de grâce est donné lorsque le couple annonce à une soirée, devant la blonde, qu’il compte se marier. Le sculpteur américain, souvent considéré comme un pionnier du minimalisme américain, rapporte que c’est lors d’un voyage nocturne sur une autoroute du New Jersey en cours de construction, au début des années cinquante, qu’il se libéra de la plupart des opinions qu’il avait jusque-là sur l’art… Expérience qui aboutira quelques années plus tard à la naissance de l’art minimal, puis à « Die, 1962», une des œuvres majeures de Tony Smith, un cube en acier de 6 pieds de côté, impossible à voir dans sa totalité… et au titre ambivalent. Prendre Mulholland Drive au pied de la lettre, c’est passer à côté d’une expérience onirique, et se limiter à une énigme qui, si l’on y réfléchit bien, ne tient finalement pas vraiment la route. La réponse est là dès le début, il faut simplement y faire attention. Mais le résultat est tellement déconcertant que les pontes de la télé reculent et abandonnent. C’est simplement une représentation de Camilla « l’actrice », celle à qui tout réussit, car une sorte de mafia la soutient. Elle s’engage dans une chasse énigmatique qui semblerait tout droit sorti d’un feuilleton classique, une traque trépidante avec la femme qu’elle aime. La musique est de plus en plus forte, puis, d’un coup, tout est calme. Retour sur Mulholland Drive – La Panacée Montpellier, David Lynch, Mulholland Drive – Rita Blonde, Kaz Oshiro, Dumpter (black with residue), 2014 et Jonathas de Andrade, Zumbi encarnado, 2014. Campée par Laura Harring, elle est, dans le monde rêvé de Diane, cette femme amnésique qui tombe follement amoureuse de la jeune blonde. Mulholland Drive : la scène de danse ... retour sur la scène dansée la plus énigmatique du 7e art. Comme dans un rêve, en somme. – Lorsque Betty/Diane et Rita/Camilla appellent « Diane Selwyn », pensant qu’il s’agit là de la vraie identité de Rita (alors qu’il s’agit de celle de Betty), Betty lâche une réplique révélatrice : « C’est étrange, de s’appeler soi-même ». L’occasion pour les cinéphiles de découvrir ou revoir ce film culte sur grand écran. L’avenir nous dira si cette idée de « minimalisme fantastique » finira par s’imposer. Elle est accompagné d’un couple de petits vieux. L’évocation de l’arrière-cour du Winkie’s dans la salle en cul-de-sac à gauche est un peu caricaturale. Mulholland Drive, un film de David Lynch | Synopsis : Une jeune femme, Rita, devient amnésique à la suite d'un accident de voiture sur Mulholland drive, la célèbre route qui traverse Hollywood. À ses balbutiements, Mulholland Drive existe comme un épisode pilote de série de 1 h 40. Nous n’en saurons rien. Télérama - retour à la une. Dans Mulholland Drive, c’est un étrange cube bleu tombant sur le sol qui marque le passage abrupt de la première à la seconde partie. Certains ont reproché à la première version de La Panacée de présenter des expositions trop compliquées, trop intello et pas assez grand public… « Retour sur Mulholland Drive » nous semble plus hermétique et plus difficile à appréhender que ce que nous avons vu ici par le passé… Cette proposition laisse la très désagréable sensation d’un entre-soi trop fréquent dans un monde de l’art contemporain où les notions de partage et de communication semblent accessoires. C’est d’ailleurs ce qui lui donne le courage d’avancer au plus fort de la tempête (cf Master & Commander).Les femmes quant à … ), la prostituée blonde qui emprunte la cigarette de Joe, le tueur qui l’interroge sur la présence de nouvelles filles dans la rue. L’accrochage sait toutefois laisser la place à conversations formelles entre certaines œuvres (Rondinone / Tee / Noonan ou Bhabha / Rødland par exemple). (…) C’est dans le film Lost Highway que David Lynch introduit le motif lancinant de l’autoroute nocturne, par un travelling subjectif où la caméra se met à la place du mort. Emilie Pitoiset, Strike a pose, 2014. Pour ne pas papillonner et accorder le temps nécessaire à chaque proposition artistique, un réel effort s’impose au visiteur. Un deuxième passage dans l’exposition, un regard attentif aux œuvres et à leur mise en espace conduit à nuancer un peu ces premières impressions. Un documentaire intitulé Retour à Mulholland Drive , réalisé par Philippe Rouyer, a été diffusé par Canal+ dans le but de donner quelques explications et analyses du film de David Lynch. ... Jared Leto de retour à la télé pour la première fois depuis Angela, 15 ans. Le titre du film renvoie à une culture hollywoodienne iconique. Eh oui. Lorsque la caméra plonge vers cet oreiller rouge, nous voilà désormais dans le monde des rêves. Quelques allusions à des scènes particulières du film de Lynch ou plus globalement à ses thématiques et éventuellement à son découpage se repèrent sans difficulté : Parmi les mains gantées d’Emilie Pitoiset, deux peuvent être vues comme des évocations de plans du film. Un film de David Lynch : À Hollywood, durant la nuit, Rita, une jeune femme, devient amnésique suite à un accident de voiture sur la route de Mulholland Drive. C’est lorsque Betty ouvre cet étrange coffre que l’on se retrouve happé par la vraie vie. Allez, on se lance et on tente une explication. Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner et recevoir une notification pour chaque nouvel article. L’échange des prénoms est une astuce que Lynch réutilise une fois : la serveuse qui verse le café de Betty porte une étiquette sur son uniforme. C’est normal : Diane a tué son ancienne amante, elle a donc été « méchante ». ), le chef d’œuvre de David Lynch sorti en 2001, revient sur les écrans dans une sublime version restaurée. Puis trois, quatre, et une dizaine, sur un fond mauve surréaliste. (…) Là où David Lynch innove, c’est en présentant comme opérateurs de changements des formes minimales, familières, industrielles. Les hommes pensent avec le cœur, contrairement aux fausses rumeurs. On remercie la médiatrice qui a su nous décrypter cette œuvre assez hermétique. Retour sur Mulholland Drive … Mulholland Drive sur Arte : retour sur la genèse tumultueuse du film de David LynchPar Emilie Schneider — 19 juil. Mais une chose est sûre : il est un affreux casse-tête pour qui n’a pas fait du David Lynch en LV2 au collège. Sorti en 2001, on dit de Mulholland Drive qu’il est un « film à énigme » (quel euphémisme), un « thriller psychologique », mais c’est surtout un petit triomphe. Un lit rouge, sorti de nulle part et dans lequel on plonge, puis un nom de rue : Mulholland Drive. Elle s’appelle Diane. On regrette que l’érotisme du film de Lynch s’exprime par les « Shibaris » de Morgane Tschiember, pièces très intéressantes par ailleurs… Les jeux sadomasochistes du bondage japonais ne sont-ils pas assez éloignés du désir et des relations sexuelles entre les protagonistes de Mulholland Drive ? Les interprétations de Mulholland Drive sont aussi diverses que variées, mais la plus commune reste celle-ci : il s’agit en réalité du meilleur « en fait, c’était un rêve » des films. La référence au film de Lynch aurait certainement trouvée une place plus légitime comme sous-titre. Retour sur Mulholland Drive – La Panacée Montpellier, Hicham Berrada, Field, 2017 (détail). C’est une actrice ratée, éclipsée par sa partenaire à l’écran et ex-petite amie, Camilla Rhodes, qui ne veut plus d’elle. Même Mulholland Drive, je ne vois pas ce qu’il y a de compliqué à comprendre. On attend avec curiosité et un peu de préoccupation la suite de la programmation 2017. Un documentaire intitulé Retour à Mulholland Drive, réalisé par Philippe Rouyer, a été diffusé par Canal+ dans le but de donner quelques explications et analyses du film de David Lynch. « Dumpter (black with residue), 2014 » de Kaz Oshiro est ici une « citation » du bac à poubelles, au fond de la cour du Winkie’s, juste devant le mur d’où surgit la figure effrayante de Bum. David Lynch, 2001. Au-delà d’un projet qui se définit « comme une exposition‐essai, ou une rêverie librement inspirée d’une œuvre cinématographique », l’exposition s’articule aussi et avant tout sur une construction théorique dans laquelle Nicolas Bourriaud tente de définir un concept nouveau, celui du « minimalisme fantastique ». Retour sur Mulholland Drive – La Panacée Montpellier. Se connecter Se connecter Je m’abonne. Comme beaucoup de monde, vous avez adoré Mulholland Drive à sa sortie en novembre 2001. Ce rêve est le moyen pour Diane de conserver l’ascendant sur l’être aimé qui, en réalité, lui échappe. Ainsi, la plus grande partie du chef-d’œuvre de Lynch est une illusion, imaginée par le subconscient du personnage de Naomi Watts. On peut également penser à Laney (double de Betty ? Pour Nicolas Bourriaud, « Dès les années 1980, l’émerveillement initial de Tony Smith s’est estompé pour laisser place à une hantise de l’autoroute. Le nom de l’actrice à engager est évidemment Camilla Rhodes, mais elle n’est pas la même que celle jouée par Laura Harring. Voilà la première occurrence d’un sentiment qui poursuivra le spectateur jusqu’au bout : il y a quelque chose qui cloche. Évidemment, la problématique de la dualité, essentielle dans Mulholland Drive, est très présente dans plusieurs œuvres choisies : les « tapis » de Jennifer Tee (« Crystalline Floor /Piece & None » et « Crystalline Floor /Oval Yellow & Oval Blue », Saelia Aparicio (« Introdenouement, core, 2017 ») ou encore la très énigmatique installation de Ylva Ogland. Peut-on vraiment décrire Mulholland Drive ? MULHOLLAND DRIVE. Lorsque la voiture s’arrête sur le bas-côté pour secourir les rescapés d’un accident, l’horreur règne ; la sortie de route prend l’allure d’une apocalypse. Retour sur Mulholland Drive – La Panacée Montpellier, Wendy Jacob, Somnabulist (blue), 1983. Mulholland Drive est le neuvième et avant dernier film de David Lynch à ce jour. Rendez-vous à la Panacée, en ce début d'année, pour découvrir "Retour sur Mulholland Drive", une exposition d’art contemporain qui tente de transposer l’atmosphère de l'œuvre cinématographique de David Lynch, alors que ce dernier revient derrière la caméra pour tourner la suite de la série Twin Peaks. Elles nous ont largement permis d’enrichir notre visite. Turtle Rock Studios, le créateur de Left 4 Dead, est de retour avec un nouveau FPS coopératif : Back 4 Blood. Non ! Dans la grande salle, il est difficile de poser son regard, tant les sollicitations se multiplient. Le champ lexical du songe ponctue bon nombre de phrases ; on dit que tout est « dreamy », on le répète. « Retour à Mulholland Drive » : documentaire/analyse du film de Jean-Pierre De Villiers (2003 - 23'52 € - VOST) « Sur la route de Mulholland Drive » : making of de David Dessites (2002 - 23'40 € - VOST) Interview avec Naomi Watts et David Lynch (inédit - 2015 - 26'44 € - VOST) À l’énumération de ces allusions, évocations et correspondances, on pourrait comprendre que l’exposition proposée par Nicolas Bourriaud atteint son objectif de : « proposer à ses visiteurs une expérience proche de celle qu’ils auront pu éprouver en voyant le film de David Lynch »… Malheureusement, de mon point de vue, il n’en a rien été… ou plus exactement, je n’ai retrouvé que des bribes, des lambeaux de ce qui reste pour moi l’essentiel du film : son atmosphère, son mystère, l’inquiétude, le trouble, l’ambivalence… Ce qui est traduit avec plus de pertinence par les photographies de Yohann Gorard, curieuseemnt éloignées  de l’exposition. Mais cela est encore plus accentué lors d’une scène dans un restaurant (le même où Diane a rencontré le tueur à gages), qui semble presque déconnectée du reste. À sa présentation à Cannes, David Lynch est acclamé ; il remporte une nomination pour l’Oscar du meilleur réalisateur ; et les carrières de Naomi Watts et Laura Harring s’envolent. Ses valises sont portées par le chauffeur de taxi, son appartement est charmant, ses auditions sont réussies haut la main. Belinda Mathieu — 12 octobre 2019 à 8h49. C’est également pour cela que dans ce dernier, le tueur à gages est dépeint comme un être incapable, qui enchaînent les bourdes : l’inconscient de Diane espère qu’ainsi, il ne réussira pas à tuer Camilla. En voici quelques-uns : – L’omniprésence du sommeil : évidemment, il y a ce plongeon vers l’oreiller, qui ouvre le film. Voilà, Lynch nous a prévenu : les frontières entre la réalité et le songe n’existent plus. La « vraie » Betty s’appelle en fait Diane. Aucune information n’est disponible sur les artistes et les œuvres présentées à l’exception d’un plan qui permet de les identifier. L’espace sombre qui rassemble des œuvres de Hicham Berrada, Wendy Jacob et Max Hooper Schneider est certainement le plus réussi. À l’inverse de ce qu’il offrait par le passé, le site de La Panacée reste désespérément vide de renseignements sur les artistes et les œuvres exposées dans « Retour sur Mulholland Drive, Le Minimalisme fantastique ». La fête est finie. Retour sur Mulholland Drive – La Panacée Montpellier, Emilie Pitoiset, Desire, 2016. Si le propos de l’exposition n’est pas limpide, l’accrochage ne l’est guère plus. La plupart des protagonistes, aussi mineurs soient-ils, du rêve apparaîtront à la fin, lors de la révélation, sous une autre identité. Dans cet essai, Nicolas Bourriaud part d’un récit de Tony Smith. Que fait-il là ? Elle fait la rencontre de Betty Elms, une actrice en devenir qui vient juste de débarquer à Los Angeles. Après plusieurs passages à La Panacée, je reste assez dubitatif sur la pertinence de ce concept certes original, mais qui semble encore peu partagé par les artistes exposés et/ou par la critique. Ce n’est que le début. On les remerciera pour leur gentillesse et la pertinence des informations qu’ils nous ont fournies. Quand Mulholland Drive se gare à Mulholland Drive ce plot twist . On suppose que l’installation performative « Who-What ? Dans le rêve, l’esprit de Diane réutilise cette clé et en fait l’outil nécessaire pour ouvrir une boîte bleue, celle qui contient la « réalité ». – Les références au rêve : elles sont, là aussi, partout. Doit-on faire un parallèle entre le lave-vaiselle de Max Hooper Schneider (« Cold War Dishwasher (Uranium Glass), 2015 ») et le cube bleu, objet énigmatique et central du film de Lynch qui fascine Nicolas Bourriaud ? Les nombreux propos qui s’entremêlent, les sollicitations visuelles qui se multiplient ne facilitent pas l’expérience de visite et la construction de sa propre narration par le regardeur. Le cube bleu est un pur trickster, un enclencheur de réalité, le réceptacle vide du mystère lynchien ». Retour sur Mulholland Drive – La Panacée Montpellier, Max Hooper Schneider, Cold War Dishwasher (Uranium Glass), 2015 (détail). Rongée par les remords, elle tombe dans un sommeil profond, et ainsi commence le rêve. C’est au travers du prisme de cette notion de « minimalisme fantastique » qu’il faut voir « Retour sur Mulholland Drive »… et non pas comme une évocation du film de David Lynch, ou comme une expérience proche de celle éprouvée en le voyant. À son réveil (le retour au réel est marquée par les coups que la voisine frappe à la porte), la culpabilité est telle que Diane est plongée dans un état de délire, la poussant au suicide. Considéré comme le chef d’œuvre de Lynch, cette pépite aux allures ahurissantes, saluée aussi bien par le publique que par la presse, se rapproche de deux autres films déjantés du maitre : Lost Highway et Inland Empire. Sur sa longue séquence onirique, David Lynch parsème les indices qui permettent à l’œil avisé de découvrir la supercherie. Dans le rêve, le réalisateur est hypnotisé par Diane/Betty, mais ne peut l’engager. C’est un moyen pour Diane de se dédouaner : si elle ne réussit pas à Hollywood, ce n’est pas à cause de son manque de talent, mais d’un complot. Retour sur Mulholland Drive – La Panacée Montpellier, Ylva Ogland, Mirror Spring Snöfrid et Les Contre espaces, 2016. D’ailleurs, il respecte minutieusement la première règle des songes : on ne rêve jamais d’un inconnu. – Le cowboy dit au réalisateur qu’il le reverra « une fois s’il est gentil, deux fois s’il est méchant ». INSCRIVEZ-VOUS À NOTRE NEWLETTER POUR RECEVOIR CHAQUE SOIR LE MEILLEUR DE, Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir chaque soir le meilleur de Vanity Fair. On retrouve également des évocations du travail sur l’image de Lynch (flou, bougé, surimpression ou superposition) dans plusieurs des œuvres accrochées dans La Panacée : David Noonan, Ugo Rondinone, Adrien Missika et dans une certaine mesure Torbjørn Rødland…, La dimension onirique des fresques de Saelia Aparicio ou des collages de Maria Loboda, évoque de façon plus générale l’univers du rêve et de l’inconscient dans lequel baignent Mulholland Drive et les films de David Lynch…, Morgane Tschiember, Shibari (blanc), 2013.Retour sur Mulholland Drive – La Panacée Montpellier. Reste à savoir si la démonstration de Nicolas Bourriaud est convaincante…. – L’arrivée de Diane/Betty à Hollywood : tout, dans cette scène, semble surfait, superficiel, trop beau pour être vrai. Partant de cette constatation, Nicolas Bourriaud, à la tête du Moco (le centre d’art contemporain de Montpellier qui ouvrira en 2019), a l’heureuse idée de proposer, dans cette ancienne faculté de pharmacie réhabilitée qu’est La Panacée, une exposition collective librement inspirée de Mulholland Drive. A chaque film, je tombe amoureux d’une idée. Une rue mythique Mulholland Drive (Mulholland Dr. en V.O. Le réalisateur lui-même habite à proximité de Mulholland Drive, dans une interview il dit : « La nuit, on est sur le toit du monde. En référence à ces « formes minimales, familières, industrielles » de l’univers le Lynch, Nicolas Bourriaud forge son concept de « minimalisme fantastique » ou « comment créer une “inquiétante étrangeté”, une atmosphère angoissante ou féérique, à partir de formes minimalistes ».

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